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samedi 27 février 2021

SPUMEUR

État d’un caractère constamment agité.


Un ventre ouvert sans espoir
Pour abreuver le cœur inerte
Sonder les flots mer offerte
Au courant d’airs d’apparoir

Soif d’eau céans de vacarmes
Gueule entrouverte ô spumeur
Plonger crier grand steameur
Chaos de sel plein de larmes

Saoulever l’entrave au corps
Et verser sans vains efforts
Au sisyphon sa mer d’ivresse

Qu’en ses pleurs encore imbu
Pataugeant plein de détresse
Il s’esbroufe à corps ventru


(Apollon KLOSTROGNIAMENTALK, Sonnepténaires)

mercredi 24 février 2021

TESTOSTÉRONDE

Expression dynamique et opiniâtre d’une virilité spontanément exercée. L'exercice lui-même.


  Après m’avoir survolé vite fait de son regard rapace chargé d’un mépris à peine voilé de pitié, Marie-Cécile, parangon vénusien de l’amazone vulpine, guerrière superficielle de la gaudriole opportuniste, pétasse bouillantissime travaillée par la persévérance incalculée de son tréfonds ; Marie-Cécile, dis-je, s’était levée aussitôt pour aller régler sa consommation au comptoir avant de disparaître à tout jamais en m’abandonnant son verre vide de tout espoir de la revoir un jour, moi, le martien aux grandes antennes et vert de trouille à l’idée de me retrouver encloti bouille à bouille dans quelque réduit à déduit avec cette belle liqueuse terrienne si brutalement dévirtualisée pour tâter de l’attrait ductile du latex reprotecteur dans un épanchement d'amour vanille ; moi, dis-je, planète un peu trop tranquille et lointaine, trop rêveusement pacifiée dans la sombre froideur de mon écrin de marbre rouge pour me consumer l’âme et m’échiner l’écorce dans une testostéronde tellurique aux éjacumulations basaltiques.

(Marcel FORGERIE, Anna Diadème)

mardi 16 février 2021

VIVACILLER

Rechercher constamment des situations instables pour briser la monotonie de l'existence.


  Le temps de durer qui fait durcir. Tu en es là. Ça prend du temps et tu le sens passer, à en devenir trop dure. Tu t'encombres d'une vie pour rien, parce que tu y es. Alors voilà, ça prend de plus en plus de place cette épaisseur bientôt intenable d'être ainsi de tout ton poids plantée comme un piquet, à fixer la bulle bien centrée du niveau, jusqu'à la nausée, avec le poids de le dire encore.
  Tu tiens trop de place. Alors tu penses au poids des autres parce qu'il n'est pas le tien. Tu voudrais encombrer les autres de ton trop de poids. Tu as toujours tout à donner. Alors tu ne tiens plus en place, tu vivacilles dans la peur de toi, pour te dégager de toi, dans la peur que ça te rattrape. Alors tu pars en vrille pour rencontrer les autres, les percuter pour t’alléger de toi-même en te lestant de leur trop de poids, dans l'idée que de même ils se soulageront de ce trop de poids en se lestant du tien. Beaucoup appellent cela de l'amour. D'autres parlent d'amitié, mais c'est l'amour qu'on préfère.
  Alors tu te déstabilises. Et tu finis par vivre ainsi de ce certain oubli de toi, comme si tu étais devenue du vent. Tu penches de tous côtés dans cette crainte de l'aplomb de toi, du fil à plomb qui te donne tant à retordre. Vivre est de déverser toujours, et qu'importe le moment de ta chute, de ta ruine, si le temps que ça tienne soit suffisamment vécu hors de toi pour ne pas y retomber.

(Ordalie CAMPÈLE, Nerveuse le matin)